5 méthodes pédagogique à connaitre

Formation digitale

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5 méthodes pédagogique à connaitre

Imane Bensouda

Avant toute chose, et comme pour l’ensemble des domaines scien­ti­fiques et de recherches, il faut savoir que le monde de la péda­go­gie et de l’ingé­nie­rie péda­go­gique est en constant mou­ve­ment. En effet, les concepts péda­go­giques s’appuient sur des recherches scien­ti­fiques qui ne pos­sèdent évi­dem­ment pas de point final. 

Bien ! Intro­duc­tion faite, nous pou­vons à pré­sent pas­ser aux choses sérieuses et avant tout : qu’est-ce qu’une méthode d’apprentissage ? Vous n’êtes peut-être pas à l’aise avec le terme, nous allons donc ten­ter de vous expli­quer. Ten­ter, oui, car encore une fois, la notion de « méthode d’apprentissage » dif­fère selon les théo­ri­ciens et scientifiques. 

 

Qu’est-ce qu’une méthode pédagogique ? 

 

Mais basons-nous sur la défi­ni­tion que donne Phi­lippe Mérieu (qui pré­fère d’ailleurs le terme de « modèle » mais ça, c’est une autre his­toire), cher­cheur et spé­cia­liste fran­çais des sciences de l’é­du­ca­tion, qui consi­dère comme méthode péda­go­gique tout « cou­rant péda­go­gique ser­vant à pro­mou­voir cer­taines fina­li­tés édu­ca­tives et sug­gé­rant un ensemble cohé­rent de pra­tiques […] dont le but est de per­mettre à des appre­nants de déve­lop­per cer­taines capa­ci­tés et per­mettre ain­si un appren­tis­sage, […] à l’aide d’outils ou d’instruments péda­go­giques uti­li­sés pour rem­plir des objec­tifs pré­cis ». … Bon, résu­mons plu­tôt : une méthode péda­go­gique est un moyen et des outils appro­priés uti­li­sés pour déve­lop­per l’apprentissage et rem­plir un objec­tif péda­go­gique pré­cis. C’est mieux, non ? 

 

Pourquoi s’intéresser aux méthodes pédagogiques ? 

 

Et bien parce que si nous sommes réunis ici, c’est bien pour atteindre un but com­mun : la réus­site des objec­tifs fixés pour vos appre­nants ! Et pour cela, se poser la ques­tion des méthodes d’apprentissage est pri­mor­diale. Non, pas pour vous la péter à la machine à café, mais bien parce qu’elles vous don­ne­ront des clés indis­pen­sables à la réus­site de vos for­ma­tions ! Com­ment ? Et bien, je vous laisse les décou­vrir pour vous rendre compte par vous-même toutes les res­sources dont elles regorgent ! 

 

Quelles sont les cinq méthodes pédagogiques à connaître ? 

 

La méthode expositive, transmissive ou magistrale

 

Simple, basique, c’est la méthode qu’on connait tous : le for­ma­teur ou l’enseignant sait, l’apprenant ignore. C’est donc le for­ma­teur qui va trans­mettre à l’apprenant les infor­ma­tions en lui expo­sant les connais­sances asso­ciées. C’est le cours magis­tral, la méthode phare des uni­ver­si­tés (un pro­fes­seur qui parle, trans­met et des appre­nants qui écoutent). Bien que sou­vent décriée, ce n’est pas non plus une méthode à pros­crire tota­le­ment : en effet, elle est par­fois inévi­table, mais il faut savoir la doser et ne pas pro­vo­quer l’ennui chez votre appre­nant qui est alors passif. 

 

La méthode démonstrative

 

Sou­vent com­pa­rée voire confon­due avec la méthode expo­si­tive, il existe néan­moins quelques dis­pa­ri­tés avec cette der­nière la ren­dant pour­tant tota­le­ment dif­fé­rente. En effet, à l’instar de la méthode expo­si­tive, la méthode démons­tra­tive part du pos­tu­lat que le formateur/enseignant sait et que l’apprenant ignore. Les connais­sances et les com­pé­tences sont alors essen­tiel­le­ment trans­mises par le pro­fes­seur. Cepen­dant, ici, il existe une notion de démons­tra­tion : le formateur/enseignant montre dans le but de démon­trer quelque chose, il fait faire aux appre­nants pour expé­ri­men­ter quelque chose et fait dire aux appre­nants pour refor­mu­ler

 

La méthode interrogative ou maïeutique

 

Elle repose sur 3 principes : 

 

  • La connais­sance ne peut être rete­nue que si elle a été com­prise en amont par l’apprenant ; 
  • Le formateur/enseignant est celui qui détient le savoir et le savoir-faire. Son rôle est de poser des ques­tions à l’apprenant qui acquiert de nou­velles connais­sances en répondant. 
  • L’apprenant dis­pose des pré­re­quis néces­saires pour suivre la formation. 

 

C’est donc le ques­tion­ne­ment qui apporte la réflexion et la com­pré­hen­sion des connais­sances appor­tées. L’apprenant construit par lui-même ses nou­velles connais­sances. L’enseignant/formateur n’est qu’un guide. Pour cela, un feed­back direct et per­ma­nent entre l’apprenant et l’enseignant/formateur est nécessaire. 

 

La méthode active ou dite « de découverte »

 

Pour cette méthode, on consi­dère que les connais­sances se construisent et ne s’apprennent pas. Pour cela, l’apprenant doit agir. C’est à par­tir de l’action que l’apprenant va enga­ger une réflexion sur un sujet donné. 

La méthode active s’apparente à des acti­vi­tés qui favo­risent l’acquisition de connais­sances comme l’étude de cas, les simu­la­tions, les jeux de rôle ou encore les pro­jets de groupe. Le for­ma­teur est alors un média­teur, un guide, mais il n’est pas le por­teur de connais­sance à pro­pre­ment par­lé. Le plus gros du tra­vail pour lui est de pou­voir mettre en place des situa­tions péda­go­giques assez robustes et stables pour ame­ner l’apprenant à acqué­rir des connais­sances en se trom­pant, en ques­tion­nant, en tâtonnant. 

 

La méthode expérientielle

 

Très proche de la méthode active, la méthode expé­rien­tielle part du pos­tu­lat qu’un appre­nant ne peut apprendre qu’en agis­sant et sur­tout en se trom­pant. Pour cela, l’apprenant doit évi­dem­ment être en condi­tions réelles ou du moins que lui soit pro­po­sé une situa­tion conforme à une situa­tion réelle (mise en situa­tion, réa­li­sa­tion d’une expé­rience etc). 

Le for­ma­teur se trouve alors n’être qu’un simple inter­ve­nant. Il laisse les appre­nants agir, se trom­per, essayer jusqu’à obte­nir les connais­sances. Le plus gros du tra­vail réside dans le fait de pro­po­ser aux appre­nants des situa­tions où ces der­niers peuvent expé­ri­men­ter, et donc se trom­per, mais qui soit tout de même réa­li­sable (sans oublier, évi­dem­ment, l’apport de connaissances/compétences associées !). 

Atten­tion : cette méthode implique de revoir le sta­tut de l’erreur avec les appre­nants ou tout du moins com­ment elle sera abor­dée lors de la séance d’apprentissage 

 

 

Et les méthodes « fermées » ? 

 

Vous l’avez remar­qué, vous avez l’embarras du choix en termes de péda­go­gie ! Et comme cela a été évo­qué, c’est un domaine qui ne cesse de croître, notam­ment avec l’avènement des nou­velles tech­no­lo­gies : la péda­go­gie s’ouvre à d’autres pos­si­bi­li­té, d’autres horizons. 

 

Mais alors, laquelle choi­sir ? C’est cer­tai­ne­ment la ques­tion que vous vous posez. Et nous serions ten­tés de vous répondre : aucune ! Ou plu­tôt : toutes ! Il n’est pas ques­tion de choi­sir une seule méthode pour toute votre séance, vous pou­vez bien sûr les mêler, les alter­ner, en fonc­tion de vos objec­tifs, les connais­sances ou com­pé­tences à appor­ter afin de rendre votre ensei­gne­ment dyna­mique et per­ti­nent ! Si elles appa­raissent comme étant toutes dif­fé­rentes les unes des autres, en réa­li­té, elles se complètent ! 

De plus, toute méthode péda­go­gique est ame­née à évo­luer, même au sein de votre propre ensei­gne­ment, et doit faire l’objet d’une réflexion per­ma­nente ! Le for­ma­teur doit s’assurer que sa démarche convient à ses apprenants. 

 

 

 

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Pho­to by Pris­cil­la Du Preez on Uns­plash