Comment utiliser les réseaux sociaux dans une formation en digital learning ?

Formation digitale

4 minutes

Comment utiliser les réseaux sociaux dans une formation en digital learning ?

Yann Lescurat

Peu uti­li­sés dans le cadre de l’e‑learning, les réseaux sociaux dis­posent pour­tant de carac­té­ris­tiques qui en feraient des outils per­for­mants pour la for­ma­tion. Mal­heu­reu­se­ment, leur poten­tiel reste sous-exploité.

En effet, ce sont de véri­tables espaces de dis­cus­sion et d’échanges d’informations, capables d’apporter ce qui manque à une for­ma­tion en e‑learning : de la vie et de l’interaction entre les élèves. 

Des outils de conception

Les réseaux sociaux embarquent quelques outils inté­res­sants, au pre­mier abord à des­ti­na­tion du grand public, mais qui peuvent être uti­li­sés dans le cadre de la créa­tion de sup­ports de cours.

Par exemple, Face­book pro­pose des outils de créa­tion de docu­ments en ligne ou de ques­tion­naires à choix mul­tiples qui peuvent aider à la rédac­tion de consignes ou d’intitulés d’exercices. De plus, les évé­ne­ments Face­book peuvent ser­vir de dead­line pour la remise d’un devoir à faire ou pour annon­cer un webi­naire, une dis­cus­sion en live ou un évé­ne­ment à venir.

Tou­jours sur Face­book, la créa­tion d’un groupe fer­mé per­met d’échanger de nom­breux articles, de s’entraider ou de mettre en ligne de docu­ments. Les pro­fes­seurs par­tagent les cours sur le groupe, les membres sont noti­fiés à chaque nou­velle acti­vi­té sur le groupe et peuvent télé­char­ger les nou­veaux docu­ments faci­le­ment. L’utilisation de Face­book pour un usage en e‑learning est d’autant plus sim­pli­fiée que le réseau social est déjà uti­li­sé dans le cadre pri­vé, tout le monde (ou presque) sait donc s’en ser­vir. Un groupe Face­book peut aus­si être utile pour faire de la cura­tion de contenu.

Twit­ter a aus­si son mot à dire ! Son mode de par­tage des mes­sages, avec 140 maxi­mum, peut être adap­té à des exer­cices tels que la rédac­tion de Haï­kus japo­nais en tweet live ou la moder­ni­sa­tion du jeu du “cadavre exquis” : le for­ma­teur incite les appre­nants à rédi­ger une par­tie de texte sous forme de tweets, les autres par­ti­ci­pants enri­chissent l’histoire avec un autre tweet et ain­si de suite jusqu’à la fin du récit.

Instantanéité et bouleversement des habitudes

L’instantanéité, prin­ci­pale carac­té­ris­tique des réseaux sociaux, est aus­si impor­tante que le par­tage. Par exemple, vous sui­vez une for­ma­tion en langue pour apprendre le man­da­rin pen­dant deux ou trois jours. Une fois la for­ma­tion ter­mi­née, com­ment conti­nuer d’apprendre ? Les réseaux sociaux donnent un accès sans limite à tous types d’information. Une liste Twit­ter, un groupe fer­mé Face­book, des blogs que vous aimez vous per­mettent d’avoir un accès immé­diat aux der­nières infor­ma­tions et bonnes pra­tiques du sec­teur qui vous inté­resse. Indis­pen­sable si votre for­ma­tion est impor­tante et que vous sou­hai­tez conti­nuer de progresser !

Si les réseaux sociaux sont un excellent moyen pour le pro­fes­seur de gar­der le contact avec ses élèves, il faut mal­gré tout que ces outils soient ani­més en conte­nu. Si rien de s’y passe, qu’aucune infor­ma­tion n’est mis à jour ou qu’aucun conte­nu n’est actua­li­sé, les uti­li­sa­teurs vont s’en détour­ner. Par contre, l’enseignant peut repé­rer les étu­diants les plus actifs sur ces réseaux et leur deman­der d’animer les communautés !

En revanche, mettre les réseaux sociaux à pro­fit dans le cadre de l’e‑learning néces­site un chan­ge­ment de cer­taines habi­tudes. Le mode d’enseignement clas­sique est ver­ti­cal, c’est-à-dire que l’enseignant apporte ses connais­sances, les élèves écoutent. Or, avec les réseaux sociaux, ce prin­cipe est mis à mal puisqu’il y est davan­tage ques­tion d’échange. L’enseignant doit être capable de lais­ser sa com­mu­nau­té vivre et se posi­tion­ner comme un guide. Si le pro­blème ne devrait pas se poser avec les jeunes géné­ra­tions cela ne devrait pas poser de pro­blème, la situa­tion peut être plus déli­cate dans le cadre d’une for­ma­tion pour les sala­riés d’une entre­prise ou les membres d’un orga­nisme de taille importante.

Enfin, reste la ques­tion de la confiance. Même si les inter­nautes savent de mieux en mieux démê­ler le vrai du faux sur Inter­net, il est encore ques­tion de la fia­bi­li­té des réseaux sociaux et des infor­ma­tions qui y cir­culent. Mais comme à chaque fois, les ques­tions posées finissent par trou­ver des réponses fiables et il y a main­te­nant fort à parier que les réseaux sociaux feront par­tie inté­grante, dans un futur proche, des for­ma­tions e‑learning.

*Cré­dit pho­to : Pixabay